Les contributions de la section de Bully les mines aux Etats généraux du PS
Démocratie et représentation
La Démocratie représentative a été inventée il y a très longtemps, à une époque où les moyens de communication étaient quasi inexistants et où la majeure partie de la population n’avait pas accès à l’éducation et avait donc une vision restreinte du monde qui l’entourait. Aujourd’hui où la communication est instantanée, où tout le monde peut avoir accès à l’information et où le niveau moyen d’éducation a fortement augmenté, le système représentatif où l’on donne tous les pouvoirs à quelqu’un pour une longue période de 5 ou 6 ans est-il toujours d’actualité ? La question centrale est celle de la relation continue entre l’élu et ses électeurs. Sans remettre en cause la capacité d’agir de l’élu, ne faut-il pas envisager un mode liaison qui ferait de lui un animateur de décision collective plus qu’un décideur isolé.
On nous rétorquera qu’une grande partie de la population veut des leaders, préfère s’en remettre à une décision qu’ils n’ont pas prise et donc qu’ils peuvent critiquer… C’est un des volets de l’individualisme grandissant de notre société. Etre socialiste c’est, entre autres, promouvoir les intérêts collectifs, c’est donner du sens au « vivre ensemble ». Mais on ne change pas les pratiques du jour au lendemain. Il faut commencer par une politique volontariste du parti en menant de front une réforme de la pratique politique et un vrai travail d’éducation à la citoyenneté.
Un obstacle important à ce travail d’éducation sera la médiatisation grandissante qui caricature la pensée en voulant toujours la simplifier voire influencer les débats vers une forme de pensée unique. L’absence de contrôle indépendant ne permet pas d’assurer une véritable déontologie médiatique.
Le changement de la pratique des élus va déjà évoluer avec la limite du cumul des mandats mais cette réforme ne sera efficace que si elle s’accompagne de quatre autres éléments :
- une limitation du cumul des fonctions. Comment une personne peut-elle assurer un ou deux mandats électifs et plusieurs présidences de divers organismes… et pourtant, nous avons en France un grand nombre d’élus qui pourraient être responsabilisés sur les différentes fonctions,
- une limitation du renouvellement des mandats (pas plus de deux mandats successifs),
- Instaurer une limite d’âge pour être candidat,
- une véritable prise en compte du statut des élus permettant une véritable porte de sortie des mandats et des fonctions.
Là aussi une nouvelle politique volontariste doit s’imposer progressivement comme on a su commencer à le faire avec le cumul des mandats.
Émancipation et progrès
Une société du vivre ensemble où chacun s’émancipe est, de part les différences qu’elle englobe, sujette à la relativité, chacun la voit différemment. Elle dépend de l’instruction et de l’éducation reçue à la maison, à l’école, dans la cité et depuis quelques temps, une nouvelle dimension est venue changer la donne, le multimédia internet en tête.
Le citoyen, de ce fait, se trouve déboussolé. Il ne suffit plus d’avoir un logement et du travail pour s’émanciper et profiter du progrès, c’est nécessaire mais pas suffisant.
Construire une culture commune et un socle commun de valeurs, à l’échelle nationale et même européenne, qui trace, pour chaque citoyen, les limites à respecter par chacun dans la sphère publique.
L’éducation populaire, sous l’impulsion des parties progressistes, peut jouer ce rôle de rapprochement entre les différentes franges de la population. L’Etat, les collectivités locales et les associations ont un rôle crucial à jouer dans l’émergence de cette culture commune et ce socle de valeurs. De par leur position dans notre société et les moyens qui sont en leur possession ils sont capables de participer activement à l’émancipation de chacun pour le bien-être de tous.